Success story de Marie-Charlotte Derne

Success story de Marie-Charlotte Derne

L’ancienne étudiante Marie-Charlotte Derne a su intégrer des grands studios et travailler sur des blockbusters en seulement 2 ans. Elle nous explique son parcours et nous parle de son ascension.

 

 

Après le jury professionnel de fin d’études, j’ai eu la chance d’être recrutée chez Ubisoft Motion Pictures à Montreuil. C’est la branche série télévisée de l’entreprise, qui travaille sur les lapins crétins (ils en sont à la troisième saison cette année et la série rencontrant un franc succès, contre toute attente aux États-Unis essentiellement, ils ne sont pas prêts d’arrêter, à bon entendeur…).

 

La-bas j’ai travaillé en binôme avec un FX artist 2D qui était mon lead. Très bonne expérience, mais il se trouve qu’au milieu de l’été, MPC était revenu vers moi a l’époque car ils recrutaient sur Londres pour faire du hair and fur sur Jungle Book. C’est alors que le recruteur de Vancouver en a profite pour demander si j’étais intéressée par le Canada et c’est ainsi que j’ai fini a Vancouver en FX, ainsi que plusieurs de mes camarades de promotion.

 

On nous a fait passer par le « MPC Academy », qui est en fait plus une opportunité d’appréhender les tools propriétaires et le pipeline qu’une école, puisque les personnes recrutées ont toutes une expérience et un diplôme. Après 5 semaines de training on nous a fait passer sur une production en temps que juniors. J’ai eu la grande chance d’être assignée a Fast and Furious 7 sous la direction d’un lead (Kevin Mah pour le citer, qui a travaillé à MPC Londres plusieurs années avant de revenir a Vancouver). Il m’a fait confiance rapidement et m’a confié des plans plutôt complexes. Cela m’a permis, à force d’efforts et de persévérance, de faire mes preuves sur ce projet et d’être ensuite assignée sur Batman versus Superman et les projets qui ont suivis…

 

- Superman versus Batman est à ce jour le projet sur lequel j’ai eu l’occasion de travailler sur le plus large panel d’effets : débris, fumée, poussière, étincelles, gaz, ondes de choc, explosions, réacteurs, eau, c’est vraiment LE projet qui m’a permis de m’éclater, de créer des setups différents et de faire des propositions sur le look de certains plans. J’ai eu la chance de rejoindre le projet dès son commencement et donc de créer des builds.

 

Pour expliquer cette ascension, il existe Plusieurs facteurs pour être franche. Le premier, assez évident, est la préparation à la réalité du monde du travail que nous enseigne la formation d’Artfx (en plus de la technique, plus que solide, acquise au fil du cursus). En sortant de l’école on est définitivement armés pour être intégrés à une équipe. Pas de stress à avoir donc à ce niveau là pour les futurs diplômés. Quand les leads et les coordinateurs voient qu’on est bon communicant, qu’on avance efficacement dans le travail et qu’on opère les modifications demandées sans broncher, le rapport de confiance se fait rapidement et naturellement. Ne pas hésiter a signaler une difficulté quand il y en a, au contraire notifier du bon avancement d’une tâche, dans cette grosse machine qui brasse des centaines d’artistes pour le même show, les leads apprécient l’autonomie mais aussi l’échange.

 

Second facteur, avant l’école j’ai été plusieurs années artiste puis chef de projet dans le milieu de évènementiel et de la publicité. Cette expérience m’a appris à me positionner en tant que chef d’équipe. De cela, je garde l’appréhension de ce que peut attendre un lead de ses artistes, mais plus important je sais quand dire stop et je sais quand il faut « mettre le paquet ». Il est important de savoir balancer l’effort, en particulier quand on sait que l’on va peut-être travailler sur les mêmes plans pendant 3, 4 mois. De cette façon, on garde une jauge d’efficacité plus constante et l’équipe de production sait qu’elle peut nous faire confiance pour tenir le choc en cas de rush.

 

Pour finir, le facteur chance. Une fois encore, j’ai été sur le bon film, avec le bon lead. On peut parfois tomber sur une production plus compliquée, ou bien plus limitée sur le type d’FX. Fast and Furious, c’était beaucoup de fumées, d’étincelles, des choses qui permettent de se lâcher un peu, de faire des propositions. Parfois on peut, en revanche, tomber sur un film ou l’on fera de la pluie pendant des semaines. La créativité y est moins mise en avant (pour ne pas dire pas du tout), donc cela retarde un peu l’occasion de « briller ». Mais dans tous les cas, tout est question de timing et de patience, tout arrive tôt ou tard ;)

 

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