Julia Peguet : La vie est entre ses mains

Julia Peguet : La vie est entre ses mains

Les étudiants de première année d’ArtFx ont eu l’opportunité de travailler en stop-motion avec Julia Peguet, animatrice au sein du prestigieux studio Aardman. Nous avons donc profité de sa présence, pour en savoir un peu plus…

 

Comment es-tu arrivée dans les studios Aardman?

J’étais professionnelle depuis 3 ans. J’ai toujours voulu faire du volume en stop-motion et en particulier de la pâte à modeler. Par contre, pour moi, travailler à Aardman, c’était une ambition que je n’avais même pas imaginée. Le studio étant déjà le plus connu mondialement pour la pâte à modeler, je pensais que c’était un rêve inaccessible.

Dans le studio où j’étais, Folimage à Valence, je travaillais le dessin et je voulais faire de la stop-motion. Il y avait une production stop-motion à l’étage ; alors je leur ai demandé si je pouvais leur emprunter une petite marionnette cassée, ils m’en ont prêté deux.
Et voilà que je faisais des petits tests sur un coin de bureau. J’étais au département dessin depuis 3 ans, donc il fallait bien que j’ai quelque chose à montrer pour pouvoir intégrer le département volume. Je créais des scènes de quelques secondes chez moi pour avoir une bande-démo à présenter dans le style des films muets.

 

Comme à la maison

 

Ensuite, j’ai commencé à chercher les différents studios de volume ; une amie m’a dit que toute l’équipe d’Aardman étant en production sur un film cherchait des personnes pour d’autres productions qui se passaient au même moment. Le recrutement était d’ordre mondial ce qui est extrèmement rare.
Elle m’a donc conseillé d’envoyer mon travail réalisé chez moi. J’ai tenté le tout pour le tout et j’ai transmis plusieurs scènes. Quelques semaines plus tard, je reçois un appel me demandant de venir pour une audition… je me disais qu’il faisait venir encore 120 personnes pour une seule audition.
Finalement ce sera une audition de trois jours et je pourrais garder mes images qu’ils me mettront sur un CD. Je me suis dis que c’était super car j’allais avoir une marionette Aardman dans mon showril (3/6 secondes de plus pour les scènes) afin d’aller démarcher d’autres studios. Une marionnette Aarman pour ma bande démo !
Nous étions 20 lors de l’audition et 10 étaient retenus. Du coup, j’ai tout donné et voilà. Ce qui était en fait le plus difficile, c’était d’avoir l’audition, je crois qu’ils avaient reçu plus de 1000 CV alors..

Ils m’ont fait entré sur Quichy confort, c’était cette fameuse série qui avait été mise en production en même tant que Le lapin garou avec Wallace et Gromitt ; toutes leurs équipes étaient là-dessus, donc sur Creature confort, nous étions tous nouveaux, c’était une super ambiance, on apprenait des uns des autres, donc c’était vraiment sympa. Dans ce domaine tu es gardé si tu travailles beaucoup et que tu fais du bon travail.

 

Quel a été le film le plus ambitieux, avec le niveau le plus élevé sur lequel tu as travaillé ?

 

Pirates bons a rien mauvais en tout

 

Alors ce sont deux questions différentes. Parce qu’au niveau ambitieux et au niveau qualitatif c’est le film Pirates, bons à rien, mauvais en tout.

Niveau échelle de qualité , tu as du petit clip du genre, après il y a de la série de bonne qualité (Shaun, le mouton), ensuite la publicité, après il y a les spéciaux, (Wallace et Gromit) et après et bien il y a les longs-métrages.
Donc le projet le plus ambitieux, c’était Pirates.
En terme de travail il y a un véritable challenge, un défi, sur Sony bravia play doh, pas seulement parce que j’ai travaillé dessus en tant qu’animateur mais aussi parce que j’ai travaillé dessus en tant que développer ; il fallait s’occuper de la faisabilité de la publicité, donc quand on voit, que c’est une publicité qui est faite en time lapse dans des conditions réelles, c’ést vraiment intéressant.

 

Extrait du tournage de Sony bravia playdoh

Et sinon, comment ça se passe ici, à ArtFx ?

C’est super bien, j’adore, c’est mon 4e atelier d’animation ici.

Je fais faire des petits exercices aux étudiants, ce qui me permet d’aller vraiment au coeur de ce que je sais faire.
La progression que vous faites est évidente. Entre le premier jour et le dernier jour c’est visible et pour moi c’est tangible.
Il y a de la fierté à transmettre mon métier. Je vais en profondeur. Je trouve le rapport avec les étudiant super bien, parce que tu donnes autant que tu reçois ; il y a toujours des étudiants qui ont pleins d’idées, qui sont créatifs, je me régale car vous n’avez pas de logique de production donc vous pouvez tout faire, enfin c’est super bien pour moi, j’adore.

 

Un petit conseil a donner au étudiant qui souhaitent faire ton métier ?

Tout d’abord il faut travailler. Ensuite il faut faire attention à sa réputation au niveau du réseau car c’est un tout petit milieu. Au début, on va marcher sur des oeufs, on va dire oui à des choses pour lesquelles on ne devrait pas dire oui, mais on va devoir accepter des choses, parce que on est un peu obligé. Et puis, il y a ce moment charnière, où l’on commence à se rendre compte que notre réputation devient solide, que les gens nous font confiance et à ce moment là, on pourra commencer à dire non à l’inacceptable.

 

Shaun the sheep

 

Pour ce qui est du métier, il faut observer, il faut regarder comment les gens réagissent. Etre animateur c’est être un acteur, donc il faut être capable de faire n’importe quel rôle, il faut savoir interpréter les interactions entre les gens, les petits gestes qu’ils font, les regards, etc… il faut être en quelque sorte « une éponge d’informations ».

 

L’auteur de l’article

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