Un film ArtFx au Festival de Clermont

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Un film ArtFx au Festival de Clermont

Technique de prise de vues

La décision de tourner les plans plutôt que de tout faire en images de synthèse n’a pas été facile à prendre. Et surtout, ce n’est pas choisir la facilité ! Pour tourner en relief, il faut bien sûr 2 appareils de prise de vues et un rig. Le rig est un système qui permet à la fois de solidariser les 2 appareils et également, et surtout, de gérer la distance de ces deux appareils et l’angle que ces deux appareils produisent entre eux. Un des problèmes majeurs est aussi la question de la synchronisation des 2 appareils. En effet, si les images ne sont pas capturées très exactement au même moment, il va y avoir des décalages (ce qu’on appelle du ghosting) et des différences entre les deux vues. Et c’est là que la migraine menace…
Une alternative au tournage en relief, c’est la mise en relief, technique consistant à partir d’un film « plat » et à le dimensionner par différentes techniques. Ces techniques ont été mises en œuvre, pour tout ou partie, pour des films tels que « Le Clash des Titans » de Louis Leterrier ou encore « Alice » de Tim Burton. Cela coûte moins cher à fabriquer, mais le résultat est aussi moins satisfaisant que de la vraie 3D, c’est-à-dire du vrai relief tourné avec 2 caméras.
Après avoir fait une série de tests concluants, nous avons choisi une méthode hybride : tourner en relief les décors sans acteur, puis tourner sur fond vert l’acteur dans ce même décor. L’acteur était filmé sous un seul angle de vue, sur la vue gauche.

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Le pied magique à déplacement millimétré de la semelle


En post-production, nous avons utilisé le fond vert pour extraire le personnage de la vue gauche et le reporter, le dupliquer, sur la vue droite en le décalant de quelques pixels. Nous avons également utilisé le décor vide de la vue gauche pour remplacer le fond vert.
Pour filmer les décors, après avoir tourné le plan pour la vue gauche, nous avons décalé l’appareil pour filmer la vue droite. Grâce à un pied particulier disposant d’une semelle graduée, nous avons pu contrôler finement les décalages, globalement de l’ordre de 0.5 cm pour les plans rapprochés à 2.5 cm pour les plans les plus larges.

 

 

Le tournage

Set de lumière

Set de lumière


Le tournage s’est fait sur 5 jours, dans l’école. Nous avons reconfiguré un espace extérieur couvert et l’avons transformé en décor de tournage. Nous avons pu profiter de la structure apparente du toit et y accrocher les éclairages nécessaires. Nous avons repeint des plaques de contreplaqué pour les utiliser comme fonds verts portables. Nous avons aussi collecté des vêtements divers à la taille de notre acteur principal, un étudiant. Pendant le tournage, et pour chacune des installations de lumière, l’étudiant Lead rendu est venu faire des prises de vues HDRI pour faciliter l’éclairage des éléments dans Maya. Il a aussi fallu modéliser les éléments principaux du décor ayant une interaction avec les personnages créés en synthèse. Le décor dans son ensemble a également été modélisé pour pouvoir conformer les caméras de prise de vues. Ainsi, les éléments CG sont filmés avec des caméras similaires, du moins cohérentes, avec les caméras réelles. Des photos qui serviront de texture pour différents objets ont aussi été réalisées pendant ces 5 jours.

 

La fabrication

Les étapes de fabrication, toutes spécialités confondues, se sont faites en partie en parallèle.
Pendant le tournage, la modélisation et le shoot de textures ont commencé. Une fois les modélisations faites, les premiers tests de rendu ont démarré. Toujours pendant le tournage, les prises de vues HDRI ont été réalisées, ainsi que les mesures du décor et le relevé des positions des objets principaux. Une fois les modélisations terminées, le setup a démarré. C’est une étape qui permet de mettre en place un système, un squelette, qui animera l’élément, le personnage.

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Travail de Modélisation et Set Up ( Félicien Daros)


Les animateurs quant à eux travaillaient sur la recherche de références d’animation des éléments à animer.
Le relief des plans était vérifié dès que les plans étaient tournés. A la fin du tournage, le montage a commencé. Puis, une fois les prises sélectionnées, celles-ci étaient transmises aux étudiants en charge des trucages et de la mise en relief. Chaque plan devait être truqué au moins pour la mise en relief du personnage. Et pour beaucoup, il fallait rajouter les éléments en images de synthèse. Ces éléments sont parvenus au compositing après être passés entre les mains des animateurs et entre les mains de l’équipe de lighting et de rendu. Tous les plans ont ensuite été rassemblés par le monteur sur la station Smoke on Mac. C’est lui qui avait l’œil sur l’ensemble du film. Des ajustements de montage ont été effectués pendant une bonne partie de la post-production. Nous avons régulièrement fait des projections en relief sur notre écran Samsung Relief à lunettes actives.

 

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L’auteur de l’article

Formateur Nuke & Compositing, Coordinateur pédagogique

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